mercredi 8 décembre 2010

Malachie 4

1. INTRODUCTION :

A cause de la place que ce chapitre occupe dans la Révélation, il convient que chacun de nous prête une attention particulière aux paroles qui nous sont transmises ici de la part de Dieu par Malachie. Car, outre le fait qu’il conclut le livre du prophète, ce chapitre clôt la Bible juive, toute la série de paroles que Dieu aura donné à Israël depuis Moïse. Suite aux paroles dites ici par Malachie, un silence de 4 siècles va s’établir entre Dieu et Israël. Ce silence n’est pas le fait du hasard. Il est là pour dire et signifier à la nation que le temps de la préparation et des promesses liées à la venue du Messie est terminé. La prochaine voix qui s’élèvera et se fera entendre n’aura pas comme objet, comme les voix précédentes, de projeter la foi de ceux qui l’entendront vers le futur, mais de les inviter à croire maintenant. Car, désormais, le temps de l’attente est terminé. C’est celui de la réalisation qui commence : Marc 1,14-15 : le temps est accompli !

2. LE JOUR DE L’ETERNEL :

Alors que les chapitres précédents du livre de Malachie étaient consacrés aux débats et à l’argumentation entre Dieu et Son peuple, place est faite dans la conclusion du livre aux affirmations. Il y a dans nos vies et dans la vie du peuple de Dieu, des temps où l'on peut plaider, discuter, contester, argumenter devant Dieu. Mais arrive aussi le temps où, les choses ayant été dites, la place doit être laissée à Dieu. Car, quels que soient notre avis ou nos sujets de dispute et de contestation avec Lui, c’est Lui seul qui apporte dans l’histoire le mot de la fin. Nous préparer dès maintenant à l’entendre est la plus sage décision que nous puissions prendre !

S’il y a un jour auquel tout homme devrait se préparer, c’est le jour de l’Eternel. Ce jour nous est décrit par Malachie comme par le reste des prophètes et de la Bible comme le jour le plus terrible de l’histoire :

a. C’est un jour grand et redoutable : Mal 4,5, expression que l’on retrouve aussi chez le prophète Joël : Joël 2,11 ; 3,4. Ce sera, disent Esaïe et Joël, un jour de ravage : Esaïe 13,6 ; Joël 1,15, un jour d’ardente colère pour Dieu qui réduira la terre en désolation et en exterminera les pécheurs : Esaïe 13,9, un jour de ténèbres et non de lumière : Amos 5,18.20, le jour du rendez-vous de Dieu avec toutes les nations : Ezéchiel 30,3 ; Abdias 1,15. Ce jour est appelé dans le Nouveau Testament comme le jour du Seigneur, le jour du retour de Jésus-Christ : 1 Thes 5,2, le jour de la rétribution des justes et des injustes : 2 Thes 1,5 à 10, le jour du jugement : 2 Pier 2,9 ; 3,7, le jour où la création première sera anéantie : 2 Pier 3,10.12, le grand jour du combat de Dieu : Apoc 16,14 et de Sa colère ainsi que de celle de l’Agneau : Apoc 6,7.

b. C’est un jour qui sera pour les méchants comme une fournaise : Mal 4,1, une expression qui nous rappelle que, si notre Dieu est un Dieu plein de grâce, de miséricorde et de patience, Il est aussi un feu dévorant : Exode 24,17 ; Deut 4,24 ; 9,23 ; Esaïe 10,16 ; Hébr 12,29. Le feu de Dieu est le feu de Sa jalousie : Soph 3,8. Peu avant que Jésus vienne sur terre, Jean avait prévenu ses auditeurs : Celui qui vient après Lui baptisera d’Esprit-Saint et de feu : Mat 3,16. Toujours, partout, le feu est considéré dans la Bible comme un élément à la fois purificateur et destructeur.

Pour le peuple de Dieu, ce feu peut revêtir la forme de la persécution et de l’épreuve : 1 Pier 4,12. Le feu est aussi l’élément qui, au jour du tribunal de Christ, éprouvera la qualité de l’œuvre de chacun : 1 Cor 3,13 à 15.

Pour les injustes, le feu de Dieu sera un feu éternel de souffrances : Apoc 21,8, un feu préparé au départ pour le diable et ses anges : Mat 25,41, qui ne s’éteindra pas : Mat 3,12 ; Ezéchiel 21,1 à 4, le feu de la géhenne : Mat 5,22.

Si les jugements de Dieu au cours de l’histoire ont été temporaires et partiels : ex : Sodome et Gomorrhe, Ninive, Babylone, le jugement du Jour de l’Eternel se distingue par le fait qu’il sera total, global et définitif. Dieu, précise Malachie, ne laissera aux méchants ni racine, ni rameau : 4,1. Le jugement du Jour de l’Eternel éradiquera le mal de façon si complète qu’aucun rejeton, ni redémarrage de l’iniquité et de l’idolâtrie ne seront possibles ( racine et rameau représentent les deux extrémités d’un arbre).

3. LE SOLEIL DE JUSTICE

De même que la nuée qui séparait les Egyptiens des Israélites était synonyme de mort d’un côté et de vie de l’autre : Exode 14,19-20, Malachie montre que, si le feu de l’Eternel signifiera la ruine des méchants, il sera, par contre, pour les justes, le début d’une allégresse sans fin : 4,2. Le même feu qui consumera les ennemis de Dieu réjouira le cœur de ceux qui L’auront craint. Joie et guérison seront les bienfaits qu’apporteront ses rayons.

A l’étude de ce passage, Malachie semble dire qu’il n’y a pas deux réalités auxquelles seront confrontés perdus et sauvés, mais une seule. Tandis que les uns (les sauvés) connaîtront les bienfaits de son recto, les autres (les perdus) souffriront d’être exposés à son verso. Comme le feu est bienfaisant au corps si l’on se sait tenir à distance respectueuse de la flamme, il est source d’infinies souffrances pour quiconque a l’audace de le braver. Telle est l’explication de la situation si opposée que connaîtront damnés et élus face à la même réalité. Notons que sans Christ, notre justice, aucun de nous ne pourrait subsister face aux flammes éternelles du feu de la sainteté de Dieu : Esaïe 33,14.

« Le feu, tel que nous le voyons dans le soleil, est la source de toute vie sur la planète. En soi, il est une puissance terrible de destruction. Si l’on viole les lois de la nature en l’approchant de trop près, on en est puni par la souffrance et la destruction. Et pourtant de cette source embrasée rayonnent toutes les merveilles et toutes les beautés, les couleurs et la chaleur de la lumière douce et bienfaisante. Sans feu, pas de lumière. Sans lumière, pas de vie sur la terre, car la lumière pénètre dans la nature entière pour vivifier, nourrir, donner couleur et forme à toute chose…. Le feu vengeur de l’enfer fait partie de Dieu, c’est une partie intégrante inéluctable de Sa nature, car ce sont exactement les mêmes flammes qui brûlent dans l'amour au céleste royaume. Si Lucifer et ses armées, puis les hommes séduits par lui, ne s'étaient pas détournés du royaume de la lumière de Dieu vers le royaume de son feu, nul n’aurait jamais connu ni éprouvé le caractère féroce et infernal de ces flammes… L’enfer est ainsi devenu, non tant un lieu qu’une manière d’être. Partout où le moi rebelle domine, c’est l’enfer : c’est là que brûle la colère de Dieu. Au-dedans, là où les flammes de l’emportement, de la haine, de la malice et de la convoitise font rage, là est l’enfer : Norman Grubb : La loi de la foi.

4. DERNIER RAPPEL, DERNIERE ANNONCE :

C’est sur un dernier rappel, englobant tout l’enseignement de l’Ancienne Alliance et une dernière promesse, inaugurant l’imminence de la Nouvelle Alliance que se termine le livre de Malachie :

a. Dernier rappel : v 4

Souvenez-vous de la loi de Moïse ! Car en elle se trouve tout ce dont vous avez besoin pour vivre : Lévitique 18,5. Qui a la loi a la connaissance et l’essence même de la vérité : Rom 2,20. Aussi, tant que le ciel et la terre subsisteront, pas un trait de lettre de la loi ne disparaîtra : Luc 16,17. Tout enseignement qui méprise la loi ne peut à terme que conduire à l’erreur !

b. Dernière annonce : v 5 et 6

Dieu finit le livre et clôt l’Ancienne Alliance en annonçant quelle sera la prochaine étape de la Révélation : le retour d’Elie, le prophète, dont la mission sera de ressouder la nation divisée, de manière à ce qu’elle échappe à la malédiction du jugement.

Accomplie en partie par la venue de Jean-Baptiste : Jean 1,21 ; Matthieu 11,14, l’annonce s’accomplira en totalité à la fin des temps par le retour de Moïse et d’Elie peu avant le jour de la colère : Apoc 11,1 à 6. Comme Moïse et Elie rencontrèrent Christ pour parler de Son départ à Jérusalem et de Sa mort prochaine : Luc 9,31, les deux témoins apparaîtront au vu et su de toute l’humanité pour l’avertir du retour imminent du Christ, preuves vivantes qu’un tel fait est possible.

« Revenez à Moi, et Je reviendrai à vous : Mal 3,7. Tel est le grand appel de Dieu au travers du livre du prophète. Qu’il trouve un écho profond dans nos cœurs !

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